Fait partie de notre guide : Congélation des ovocytes

La congélation d’ovocytes n’est depuis longtemps plus un sujet de niche. Le registre allemand de la FIV (Deutsches IVF-Register, D.I.R.) a recensé en Allemagne, pour la seule année 2024, plus de 4 200 cycles de congélation d’ovocytes. Les raisons se ressemblent souvent : la construction d’une carrière, le bon partenaire qui se fait attendre ou une situation financière qui ne convient pas encore à l’arrivée d’un enfant.

Mais comment cela se passe-t-il vraiment ? Que vivent les femmes pendant le traitement, quelles émotions traversent-elles et que se passe-t-il ensuite ? Cet article résume ce que les femmes vivent typiquement, de la première réflexion à l’utilisation effective des ovocytes congelés. Il s’appuie sur des études, des enquêtes et des informations spécialisées, et non sur des histoires individuelles inventées.

Pourquoi les femmes choisissent la congélation d’ovocytes

Les raisons de congeler ses ovocytes sont plus variées que beaucoup ne le pensent. Les études et les enquêtes font surtout apparaître trois motivations principales. Elles se recoupent souvent.

Le désir de relation de couple inassouvi

La raison la plus fréquente n’est pas la carrière, mais l’absence de partenaire. Dans une enquête auprès de femmes aux États-Unis et en Israël, 85 % ont indiqué faire congeler leurs ovocytes parce qu’elles n’avaient pas de partenaire (Inhorn et al., 2018). Beaucoup veulent éviter de paniquer vers la fin de la trentaine à cause de l’horloge biologique et de s’engager dans une relation sous la pression du temps.

Beaucoup de femmes ressentent cette pression surtout à partir de la fin de la vingtaine. Elles voient leurs amies tomber enceintes. Elles-mêmes sont encore en recherche. La congélation de leurs ovocytes leur donne du temps et la paix intérieure.

Carrière et calendrier

La construction d’une carrière entre souvent en collision avec le moment optimal pour une grossesse. Précisément pendant les années où les carrières se jouent, une pause bébé ne cadre pas avec les plans de nombreuses femmes.

Les femmes se sentent sous pression surtout dans les secteurs dominés par les hommes. Elles veulent s’établir avant de devoir « s’absenter ». La congélation d’ovocytes leur donne la possibilité de poursuivre les deux objectifs de vie. Simplement avec un décalage dans le temps. Pour mettre cela en perspective : dans les études, la carrière comme seule raison joue un rôle moins important qu’on ne le suppose souvent. Il s’agit le plus souvent d’un mélange de circonstances de vie.

Les raisons médicales comme catalyseur

Parfois, des aspects de santé accélèrent la décision, par exemple une opération prévue pour une endométriose dont l’effet sur la fertilité n’est pas clair. Beaucoup de femmes vivent alors la congélation comme une assurance.

Un diagnostic de cancer ou des antécédents familiaux peuvent aussi être le déclencheur. Il s’agit ici moins de choix de style de vie que de véritable prévention médicale.

Le déroulement du point de vue des patientes

Beaucoup de femmes sont surprises de voir à quel point tout le processus est structuré et planifiable. Chaque expérience n’en reste pas moins individuelle. Et souvent plus intense sur le plan émotionnel que prévu.

La première consultation

Beaucoup de femmes abordent ce premier entretien avec nervosité. Il dure le plus souvent de 60 à 90 minutes. On y discute des conditions médicales, du déroulement et des chances de succès. Une bonne consultation laisse de la place à toutes les questions, même à celles qui mettent mal à l’aise.

Certaines femmes arrivent avec des idées irréalistes. Elles pensent que la congélation d’ovocytes est une garantie de grossesses futures. Une information honnête est ici décisive : c’est une option. Pas une assurance. L’importance de ce point est aussi démontrée par la recherche : les femmes qui se sentaient suffisamment informées avant le traitement ont regretté nettement moins souvent leur décision par la suite (Jaswa et al., 2023).

Examens préalables et planification du cycle

Après la décision viennent les examens préalables. Bilan sanguin, échographie, hormone anti-müllérienne (AMH). Toute femme ayant un désir d’enfant connaît cela. Ce qui surprend beaucoup de femmes : l’attente du cycle optimal.

Celles qui veulent démarrer tout de suite doivent souvent patienter un peu. En réalité, la stimulation ne commence le plus souvent qu’au cycle suivant. Ce temps d’attente peut bien servir à une information approfondie, par exemple sur les possibles effets tardifs du traitement hormonal.

La préparation émotionnelle

La plupart des femmes abordent le sujet de façon très réfléchie. Elles se sont informées. Ont lu des témoignages. Ont développé des attentes réalistes.

Beaucoup sous-estiment pourtant la composante émotionnelle. Soudain, les pensées tournent autour des hormones, des follicules et des ovocytes, et le sujet vous occupe plus que prévu.

Médicaments pour la stimulation hormonale lors d’une congélation d’ovocytes, dans une salle de bains

Stimulation et ponction : à quoi devez-vous vraiment vous attendre

Le traitement hormonal est la partie la plus intense de tout le processus. C’est souvent ici que la théorie se sépare de la pratique. Beaucoup de femmes sont surprises par leurs réactions physiques et émotionnelles.

Les premiers jours de la stimulation

Au début, beaucoup de femmes ne ressentent rien du tout et se demandent déjà si les médicaments agissent vraiment. C’est normal. Pendant les 3 à 4 premiers jours, il se passe le plus souvent peu de choses perceptibles.

À partir du jour 5, cela change vite. Les ovaires gonflent, le ventre se tend. Certaines femmes se sentent ballonnées comme après un gros repas. D’autres ressentent une douleur tiraillante dans le bas-ventre.

Monitorage et ajustements

Ce que beaucoup sous-estiment : les rendez-vous de contrôle fréquents. Tous les 2 à 3 jours, échographie et prise de sang, le plus souvent tôt le matin avant le travail. C’est souvent plus stressant qu’on ne le pensait, et toutes les femmes ne veulent pas expliquer au travail pourquoi elles arrivent sans cesse plus tard en ce moment.

Il faut souvent adapter la dose d’hormones en cours de route. Réaction trop faible ? Augmenter la dose. Trop forte ? Réduire ou faire une pause. Cette flexibilité est importante, mais souvent déstabilisante pour les femmes.

Les derniers jours avant la ponction

Juste avant la ponction, beaucoup de femmes se sentent comme un ballon sur le point d’éclater. Les ovaires sont maintenant nettement agrandis. Les follicules sont mûrs. Beaucoup de femmes ne peuvent plus marcher qu’avec précaution et dorment mal.

L’heure de l’injection de déclenchement doit être exacte. La ponction a lieu 36 heures plus tard. Cette précision met beaucoup de femmes sous pression. La crainte d’oublier l’injection ou de la faire trop tard est très répandue.

La ponction elle-même

La plupart des femmes vivent la ponction comme bien plus anodine que ce qu’elles craignaient. Elles reçoivent une anesthésie légère et dorment pendant l’intervention, qui dure de 15 à 30 minutes. Ensuite : brève surveillance, puis retour à la maison.

Les premières heures sont souvent marquées par le soulagement. Enfin fait. Le ventre est encore gonflé, mais la tension des dernières semaines retombe.

Patiente avec une tasse de thé en salle de réveil après la ponction ovocytaire

Nombre d’ovocytes recueillis selon l’âge

L’une des premières questions après la ponction : combien d’ovocytes ont été recueillis ? Le nombre d’ovocytes dépend fortement de l’âge. Mais pas seulement. Les valeurs suivantes sont des valeurs indicatives, le résultat peut s’écarter nettement dans un cas individuel. À titre de comparaison : selon le registre allemand de la FIV, 11,2 ovocytes en moyenne par ponction ont été recueillis en 2024 lors de la congélation d’ovocytes.

Âge Nombre moyen d’ovocytes Qualité (ovocytes matures) Cycles recommandés
25 à 29 15 à 20 80 à 85 % 1
30 à 34 12 à 18 75 à 80 % 1 à 2
35 à 37 8 à 15 65 à 75 % 2
38 à 40 6 à 12 55 à 65 % 3 à 4
41 à 42 4 à 8 40 à 55 % souvent plus de 4

Retour à la réalité : ce que signifient les chiffres

Après la première ponction, 15 ovocytes paraissent à beaucoup de femmes une réserve sûre pour plusieurs enfants. La réalité est plus sobre : tous les ovocytes ne survivent pas à la congélation et à la décongélation. Tous ne se laissent pas féconder. Tous ne donnent pas des embryons.

À titre d’orientation, pour les femmes jusqu’à 35 ans, on considère qu’il faut au moins 8 à 10, mieux 10 à 15 ovocytes matures pour avoir une bonne chance d’avoir un enfant (Cobo et al., 2016). Ce nombre augmente nettement avec l’âge : à 38 ans, selon l’estimation de la société savante américaine ASRM, il faut environ 25 à 30 ovocytes.

Différences individuelles

Les différences individuelles sont énormes. Exemple : une femme de 38 ans peut très bien obtenir 18 ovocytes, alors qu’une femme de 28 ans n’en obtient que 6. L’AMH donne des indications. Mais il n’y a pas de garanties.

C’est particulièrement décevant lorsque son propre résultat est nettement inférieur à celui d’amies. Pourquoi l’une obtient 16 ovocytes et l’autre seulement 7 s’explique par de nombreuses raisons : génétique, mode de vie, maladies préexistantes. Les études montrent en outre qu’avoir moins d’ovocytes que prévu fait partie des facteurs associés à des regrets ultérieurs (ASRM, 2023). Des attentes réalistes au préalable aident donc.

La question de la qualité

Plus n’est pas toujours mieux. Chez de très jeunes femmes de moins de 28 ans, plus de 25 follicules se développent parfois, et un syndrome d’hyperstimulation ovarienne (SHO) menace alors. Mieux vaut 12 bons ovocytes que 20 médiocres : c’est ainsi que l’on peut résumer le principe.

La qualité ne se révèle qu’au laboratoire. Les ovocytes sont-ils matures ? Ont-ils la bonne structure ? Les femmes reçoivent cette information le plus souvent le lendemain de la ponction.

Le côté émotionnel : soulagement et incertitude

Ce que les brochures disent rarement : la congélation d’ovocytes est un parcours en montagnes russes émotionnelles. De la première réflexion à l’utilisation effective, les femmes traversent différentes phases émotionnelles.

La phase qui suit la décision

Après le rendez-vous de consultation, c’est chez beaucoup de femmes un sentiment d’élan qui domine : faire enfin quelque chose pour son propre avenir, de façon proactive et autonome. Dans une étude auprès de femmes qui avaient congelé leurs ovocytes, 95 % ont indiqué se sentir bien d’avoir pris en main leur propre planification familiale (Jaswa et al., 2023).

En même temps surgissent des doutes : suis-je en avance ? En retard ? Vais-je peut-être rencontrer demain le bon partenaire ? Cette ambivalence est tout à fait normale. Il est utile de parler ouvertement de ces sentiments, avec des proches ou dans un accompagnement psychosocial en fertilité.

Pendant le traitement

Le traitement hormonal accentue les fluctuations émotionnelles. Certaines femmes sont au bord des larmes pour des broutilles et, l’instant d’après, euphoriques. De vraies montagnes russes hormonales.

Beaucoup se sentent très vulnérables à ce moment-là. Le corps change. Le contrôle semble perdu. Le soulagement est d’autant plus grand lorsque cette phase est terminée.

Après la ponction : des sentiments mitigés

Les premières heures après la ponction sont le plus souvent marquées par le soulagement. Mais viennent souvent ensuite les doutes : y avait-il assez d’ovocytes ? Ont-ils survécu ? Était-ce le bon âge ?

Beaucoup décrivent un sentiment entre libération et vide : libérées de la pression du temps, mais aussi vides, parce qu’il n’y a maintenant plus rien à faire. Ces sentiments mitigés sont courants. Dans l’étude de Jaswa et al., 20 % des femmes étaient déçues du résultat de leur cycle, 19 % s’inquiétaient ensuite davantage pour leur fertilité qu’auparavant.

Le temps d’après : vivre avec l’« assurance »

Les mois qui suivent la congélation d’ovocytes sont passionnants. Certaines femmes vivent une nouvelle sérénité dans leurs rencontres, parce que la pression retombe.

D’autres développent paradoxalement davantage de pression du temps : qui s’est donné du temps veut aussi l’utiliser, et cherche alors parfois le bon partenaire avec encore plus de fébrilité.

À long terme, seule une minorité regrette sa décision. Des regrets modérés à forts ont été exprimés, dans l’étude de Jaswa et al., par 9 % des femmes qui avaient congelé leurs ovocytes, mais par 51 % de celles qui avaient décidé de ne pas le faire. Près de la moitié des femmes (46 %) regrettaient toutefois de ne pas avoir congelé plus tôt.

Les coûts et la question de savoir si cela en vaut la peine

Cette section concerne l’Allemagne, l’Autriche et la Suisse.

La question des coûts préoccupe presque toutes les femmes qui réfléchissent à la congélation d’ovocytes. C’est compréhensible : la congélation d’ovocytes est un investissement sans garantie de succès. Voici les chiffres honnêtes pour 2026 :

Coûts en Allemagne, en Autriche et en Suisse

Pays Stimulation + ponction Congélation (une seule fois) Conservation (par an) Coûts totaux (3 ans)
Allemagne 2 500 à 4 000 € 500 à 800 € 200 à 400 € 3 600 à 6 000 €
Autriche non autorisée sans objet sans objet sans objet
Suisse 3 500 à 6 000 € 600 à 1 000 € 300 à 500 € 5 000 à 8 500 €

En Autriche, la congélation d’ovocytes sans indication médicale est actuellement interdite. La Cour constitutionnelle autrichienne (Verfassungsgerichtshof) a certes annulé l’interdiction, mais l’annulation ne prend effet qu’à l’expiration du 31 mars 2027. En Suisse, la conservation est limitée à cinq ans plus cinq ans au maximum.

Coûts cachés

Beaucoup de femmes sont surprises, à la première facture, que les médicaments ne soient pas compris dans le prix de base. Les préparations hormonales coûtent en plus 800 à 1 500 € par cycle. Parfois, deux cycles sont nécessaires.

Les frais de déplacement s’additionnent eux aussi. Avec 6 à 8 rendez-vous de contrôle plus la ponction, cela peut devenir significatif lorsque le trajet est plus long. S’y ajoutent d’éventuelles absences au travail.

Financement et assurance

Les caisses d’assurance maladie légales ne paient la congélation que lorsqu’une maladie doit être traitée par un traitement toxique pour les cellules germinales, par exemple une chimiothérapie. Elles prennent alors aussi en charge la conservation, pour les femmes jusqu’à leur 40e anniversaire. La congélation d’ovocytes reste une prestation privée. Vous trouverez plus de détails dans notre aperçu sur la prise en charge des frais par la caisse d’assurance maladie.

Certaines femmes financent le traitement par paiement échelonné. Exemple : avec une mensualité de 200 € par mois, la charge devient planifiable et se répartit sur une période plus longue.

Est-ce rentable sur le plan financier ?

Une comparaison aide à situer les choses : une tentative de FIV à 42 ans coûte 4 000 à 6 000 €. Avec 3 à 4 tentatives, cela devient vite plus cher que la congélation d’ovocytes. Et les taux de réussite sont nettement meilleurs avec des ovocytes jeunes.

Il n’y a pourtant aucune garantie. Beaucoup de femmes voient donc la congélation d’ovocytes comme une assurance : on paie pour elle tout en espérant ne jamais en avoir besoin.

Cuve de cryoconservation avec brume d’azote dans un laboratoire de fertilité

Quand les ovocytes sont réellement utilisés

L’une des questions les plus passionnantes : combien de femmes utilisent réellement leurs ovocytes congelés ? La réponse surprend beaucoup de monde.

Ce que montrent les études sur l’utilisation

Seule une minorité revient réellement plus tard aux ovocytes congelés. Dans les premières années suivant la congélation, les études observent le plus souvent un retour de moins de 10 % des femmes : 9,3 % dans une grande étude espagnole (Cobo et al., 2016), 9,7 % en moyenne 3,7 ans après la congélation dans une analyse britannique (Kasaven et al., 2022). Avec le temps, la part augmente : après 10 à 15 ans, 38 % avaient utilisé leurs ovocytes dans une étude américaine (Blakemore et al., 2021). Cela paraît peu ? C’est pourtant logique.

Beaucoup trouvent finalement le partenaire dans les années qui suivent la congélation d’ovocytes et tombent enceintes naturellement. D’autres décident consciemment de ne pas avoir d’enfants. La congélation d’ovocytes leur a ôté le temps et la pression. Mission accomplie.

Scénarios d’utilisation typiques

Le classique : une relation tardive

Exemple : une femme fait congeler ses ovocytes à 34 ans. À 37 ans, elle se marie et essaie d’abord de tomber enceinte naturellement. Si cela ne fonctionne pas au bout d’un an, elle peut recourir à ses ovocytes congelés. Sans congélation d’ovocytes, elle aurait moins d’options à cet âge.

Nécessité médicale

Certaines femmes développent des problèmes de santé après la congélation d’ovocytes. Une endométriose s’aggrave, une ménopause précoce s’installe ou le partenaire a des problèmes de fertilité. Les ovocytes congelés sont alors souvent la planche de salut.

Décision consciente à 40 ans et plus

Certaines femmes utilisent la congélation d’ovocytes de façon ciblée pour une maternité tardive. Elles font congeler à 32 ans. Construisent leur carrière. Planifient à 42 ans la fondation d’une famille. Un modèle de vie entièrement nouveau.

Que deviennent les ovocytes non utilisés

« Et si je n’ai jamais besoin de mes ovocytes ? » Beaucoup de femmes se posent cette question. En Allemagne, il n’existe pas de durée maximale légale de conservation. Dans l’étude américaine de Blakemore et al., 47 % des femmes conservaient encore leurs ovocytes après 10 à 15 ans, et près de 12 % les avaient fait détruire.

Les options sont en règle générale : continuer à conserver ou faire détruire. Un don d’ovocytes à d’autres personnes est interdit en Allemagne et en Suisse. En Autriche, il est certes autorisé, mais les ovocytes destinés à un don n’y peuvent être prélevés que jusqu’au 30e anniversaire de la donneuse.

Cuve de cryoconservation pour ovocytes congelés dans un laboratoire

Taux de réussite en cas d’utilisation ultérieure

La question la plus importante pour toutes les femmes : quelles sont les chances d’avoir un bébé avec des ovocytes congelés ? Les données d’étude suivantes servent d’orientation :

Taux de réussite selon l’âge à la congélation

Les chances de succès dépendent avant tout de l’âge au moment du prélèvement des ovocytes. Pas de l’âge au moment de l’utilisation. Le tableau montre le taux cumulé de naissances vivantes, c’est-à-dire la chance d’avoir un enfant, selon le nombre d’ovocytes utilisés (Cobo et al., 2016, 1 468 femmes, dont 137 ont utilisé leurs ovocytes plus tard) :

Âge à la congélation 5 ovocytes 8 ovocytes 10 ovocytes 15 ovocytes
Jusqu’à 35 ans 15,4 % 40,8 % 60,5 % 85,2 %
À partir de 36 ans 5,1 % 19,9 % 29,7 % 35,6 % (plateau à partir de 11 ovocytes)

Retour à la réalité : que signifient ces chiffres

Les femmes qui ont congelé jeunes et avec suffisamment d’ovocytes ont de bonnes chances. La réalité comprend pourtant ceci : même alors, toute utilisation ne mène pas à un enfant. À partir de 36 ans, la chance restait, dans l’étude, à un peu plus d’un tiers même avec beaucoup d’ovocytes.

C’est pourquoi plusieurs transferts sont souvent nécessaires. Si cela ne marche pas la première fois, c’est très éprouvant sur le plan émotionnel.

Facteurs autres que l’âge

L’âge n’est pas tout. La qualité des ovocytes varie énormément d’une femme à l’autre. Les fumeuses ont de moins bons taux de réussite. Y compris à âge égal. Des maladies préexistantes comme le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) ou l’endométriose peuvent réduire les chances.

Le partenaire joue lui aussi un rôle. Si les ovocytes sont bons mais que le spermogramme est mauvais, même la meilleure congélation d’ovocytes n’aide que de façon limitée.

Grossesses multiples

Un aspect souvent négligé : lors d’une FIV ou d’une ICSI, un ou deux embryons sont transférés. En Allemagne, le taux de grossesses multiples était globalement de 8,0 % en 2023. Les données du registre montrent à quel point cela dépend du nombre d’embryons transférés, pour les femmes jusqu’à 35 ans lors du premier cycle : avec un embryon, le taux de grossesses multiples était de 1,6 %, avec deux embryons de 31,7 %.

Des jumeaux sont un cadeau, mais aussi un grand défi, surtout lorsqu’un seul enfant était prévu. Toute femme devrait connaître ce risque.

Questions fréquentes

Puis-je encore tomber enceinte naturellement après une congélation d’ovocytes ?

Oui, absolument ! C’est un mythe très répandu. Le traitement hormonal et la ponction n’altèrent pas la fertilité naturelle.

Les ovocytes prélevés auraient de toute façon été perdus pendant ce cycle. Les hormones ne font que les sauver de la mort cellulaire naturelle. Vos autres ovocytes restent totalement intacts.

La congélation d’ovocytes a-t-elle encore un sens à 40 ans ?

C’est l’une des questions les plus difficiles autour de la congélation d’ovocytes. À 40 ans, le nombre comme la qualité des ovocytes sont nettement réduits. Dès 38 ans, selon l’estimation de l’ASRM, il faut environ 25 à 30 ovocytes pour avoir une chance réaliste d’avoir un enfant, à 40 ans plutôt davantage encore. Cela signifie le plus souvent plusieurs cycles de traitement.

Certaines femmes choisissent malgré tout cette voie parce qu’elles veulent au moins avoir essayé, même si les chances sont faibles. D’autres décident consciemment de ne pas le faire et regardent des alternatives comme le don d’ovocytes, interdit en Allemagne mais autorisé en Autriche.

Combien de temps les ovocytes peuvent-ils rester congelés ?

Très longtemps. Les ovocytes ne vieillissent pas pendant la congélation à -196 °C ; selon familienplanung.de, les cellules congelées peuvent se conserver pendant des décennies. Il existe toutefois des limites légales selon le pays : en Suisse, la conservation est limitée à cinq ans plus cinq ans au maximum, en Allemagne il n’existe pas de durée maximale légale.

Les frais de conservation annuels de 200 à 400 € s’additionnent au fil des années. Beaucoup de femmes se fixent donc elles-mêmes un délai. Dans l’étude américaine de Blakemore et al., les femmes qui ont fait détruire leurs ovocytes avaient en moyenne un peu plus de 47 ans.

Que se passe-t-il en cas de panne de courant ou de défaillance d’un appareil ?

Cette inquiétude est le plus souvent infondée. Les cliniques de fertilité sérieuses disposent de plusieurs systèmes de sécurité : générateurs de secours, systèmes d’alarme et plans d’urgence. Les cuves d’azote liquide peuvent être maintenues pendant des jours sans électricité.

Vous devriez toutefois prêter attention à ces normes de sécurité lors du choix de la clinique. Dans notre guide des cliniques de fertilité, vous trouverez des critères importants pour la sélection.


La congélation d’ovocytes est plus qu’un traitement médical. C’est une décision de vie. Les expériences de nombreuses femmes et l’état des études montrent qu’elle peut soulager la pression et ouvrir de nouvelles possibilités. Mais ce n’est pas une garantie.

Si vous envisagez de faire congeler vos ovocytes, informez-vous de façon approfondie. Parlez avec des médecins, faites-vous conseiller sur vos chances individuelles et écoutez votre intuition. Vous trouverez plus d’informations dans notre guide complet de la congélation d’ovocytes.

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Sources

RF

À propos de cet article

Rédaction Fertilio

La Rédaction Fertilio se documente sur les sujets liés à la fertilité à partir de sources spécialisées, comme le registre allemand de la FIV (Deutsches IVF-Register, D.I.R.), les lignes directrices médicales et les textes de loi. Les sources figurent à la fin de chaque article. Les contenus ne remplacent pas une consultation médicale.